Quel que soit son équilibre mental au départ, que les épreuves qu'il a subies lui aient fait perdre l'esprit ou qu'il simule en permanence, un épisode que la chronique a pris soin de ne pas relever suggère que Vacher dans un éclair de lucidité comprend peut-être que l'appareil judiciaire maintenant dévolu à son cas et le juge Fourquet à sa tête sont en train de le berner. Article du quotidien La Croix daté du 19 novembre 1897…
Alors que Fourquet lui faisant miroiter l’internement à vie, le talonne afin qu’il s’attribue par des aveux le parcours du meurtrier le plus dément que l’Histoire ait jamais connu, Lacassagne de son côté signe en complicité avec deux spécialistes, un rapport d’expertise dont les conclusions vont à l’encontre de l’avis des médecins qui l’ayant examiné auparavant, se sont tous prononcés en faveur d’une responsabilité pour le moins très atténuée. Les influences combinées de ces deux personnages vont rendre superflus les murs d’enceinte qui le retiennent prisonnier, car dès lors qu’ayant fait des aveux pareils il est déclaré sain d’esprit, Vacher n’est plus qu’un vulgaire assassin passible de la peine capitale.
Après lui avoir fait endosser tous les crimes de la Terre il est prévu de rendre Vacher responsable de ses actes et donc sain d'esprit, ce qu'il n'est du reste pas réellement et c'est une imprudence que le vagabond a commise en acceptant d'incarner un maniaque d'opérette pour servir la cause de ses geôliers, car simuler devant le public ou les médias est autre chose que de le faire devant des médecins.
L'article de La France Libre du 11 janvier 1898 concerne la radiographie du crâne de Vacher que les experts ont demandée pour savoir où se trouvait le projectile qui restait de sa tentative de suicide quatre ans plus tôt. C'est le Dr Destot qui se charge de l'opération qui semble-t-il s'est mieux déroulée que la reproduction de l'article lui-même. Tout comme on voit des termes occultés par surlignage dans les rapports du FBI, comment ne pas croire à une forme de censure lorsque tout un paragraphe pourtant déterminant dans un document est devenu illisible ?
La formule cruciale n’a malencontreusement pas résisté à l’usure du temps, mais on peut se risquer à reconstituer ainsi la fin du paragraphe concerné : a pu déterminer de l’épilepsie traumatique et enlever [au sujet toute responsabilité de ses actes pour un] temps plus ou moins long. D’ailleurs, c’est après sa tentative de suicide que Vacher a été à deux reprises différentes, enfermé dans un asile d’aliénés.
Suite à l'exécution de Vacher dont nous verrons plus loin les circonstances et en ces temps où l'anthropologie est à la mode, la communauté scientifique jusqu'au Japon s'arrache des morceaux de son cerveau pour savoir à quoi pouvait ressembler celui d'un tel phénomène.
Les deux articles qui suivent résument les découvertes des savants à ce sujet tout comme ils confirment le caractère apocryphe sinon suspect du personnage d'Alexandre Lacassagne.
Une controverse qui promet en effet, mais il semble que l’on n’entende plus parler de cette présomptueuse convocation de Lacassagne par un Dr Laborde exigeant des justifications de la part du criminologue.
Trois ans plus tard et presque jour pour jour, on apprend cette nouvelle dans Le Matin du 7 avril 1903…
Les recours furent nombreux de la part de juristes ou de savants pour obtenir l'acquittement de Vacher ou le faire déclarer irresponsable, mais rien ne put enrayer une mécanique si bien conçue ni renverser le cours d'une procédure menée en sous-main par un personnage dont le renom et l'autorité avaient une dimension internationale.
Cet article de La France Libre daté du 28 octobre 1898 illustre suffisamment l'impuissance de la magistrature elle-même et de ses représentants les plus intègres pour influer sur un verdict déjà rendu bien à l'avance…