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Cette page s'efforcera de réduire en quelques mots le résultat de recherches, d'observations et de raisonnements ayant conduit, sans autre intention initiale que de présenter l'évidence, à mettre Vacher hors de cause pour chacun des meurtres qui lui ont été attribués. Ceux qui souhaiteront suivre le parcours de ces investigations dans le texte s'abstiendront de lire ce résumé ; ceux qui voudront s'épargner la réflexion pour aller droit au fait le feront.
 
 
 
On ne peut aborder le sujet sans trouver d'abord une explication sinon rationnelle, du moins tangible à cette recrudescence d'assassinats d'enfants dans cette fin de siècle. Premier point, c'est en 1888 que fut recensé le premier de la série des meurtres imputés à Jack l'éventreur en Angleterre. Pas seulement en France mais aussi dans des pays voisins comme l'Allemagne, c'est dont à partir de cette année-là que s'inspirant de ces faits divers, les assassins en puissance purent imaginer de maquiller de simples homicides en atrocités dont on refuserait de croire capable un membre de la communauté, mais que l'on attribuerait à un monstre menant de préférence une existence itinérante et parcourant les campagnes à la recherche de victimes. 

S'il s'agit d'actes commis sous l'impulsion d'un instinct ou d'une passion quelconques, on peut admettre qu'il reste assez de présence d'esprit aux auteurs pour grimer leur forfait ou en confier la tache à un tiers. Mais si l'acte est perpétré méthodiquement depuis l'assassinat jusqu'à sa mise en scène, alors il s'agit ni plus ni moins que de meurtres rituels.

Qui dit rituel dit souvent religion, et c'est dans ce domaine qu'il faut rechercher la motivation de quelqu'un qui déteste à ce point l'Église et ses représentants qu'il devient pour lui un sacerdoce de nuire à leur image et de châtier leurs efforts de prosélytisme et de propagation de leur foi. 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Voyant son aura et son autorité malmenées depuis la Révolution, l’institution religieuse n’a pu que réagir à ces campagnes diffamatoires. Si l’on excepte celle de Rome quatre ans plus tôt et dont le lieu de survenue est un peu convenu, on n’a pas enregistré de miracle officiellement reconnu depuis 1718 lorsque le 19 septembre 1846 à La Salette-Fallavaux, où dès lors est bâti un sanctuaire, la Vierge Marie apparaît à deux enfants sur le sommet d’une colline. L’événement supposé resterait sans corrélation possible avec notre sujet s’il ne se produisait dans l’Isère et ne concernait deux petits bergers. 

Les 'révélations' que fait la Sainte Vierge aux deux enfants sont adressées au pape sous forme de doléances, et les promoteurs et soutiens de cette campagne de s'emporter contre le paganisme du monde moderne, une presse aux tendances anarchistes ou les sociétés secrètes qui sapent les fondements de la nation. Un rédacteur de Terre Sainte rapporte ainsi les termes d'un auteur anonyme…

C’est inconcevable comme tous les gouvernements qui ont passé en France depuis 1846 se sont alarmés de l’Apparition.[…]

    Le gouvernement de Louis-Philippe fit faire des perquisitions très actives pendant longtemps pour découvrir la Dame de l’Apparition et l’emprisonner. Le gouvernement de Napoléon surtout n’a cessé d’épier La Salette et d’y envoyer ses espions, non par dévotion, on le comprend.

L'un des deux enfants, la petite Mélanie devient une véritable star des prophéties de la Vierge, et entreprend une carrière qui n'est pas sans rappeler celle de Greta Thunberg à notre époque et dans un autre registre. Elle est bien sûr victime du harcèlement et des calomnies des anticléricaux et adversaires de l'Église, et  à partir de 1872 sont organisés des pèlerinages de masse vers La Salette. Un peu plus d'une décennie plus tard apparaissent des tueurs de bergers un partout en France et notamment dans ces régions, comme quoi ce ne fut pas Vacher qui lança une mode mais plutôt cette mode qui s'appropria le personnage de l'éventreur du Sud-Est.
 

                    Clémence GRANGEON
 
Le traitement de cette affaire par les médias se fait en trois temps. Le premier consiste dans la description des faits survenus le 6 juillet 1888 au Puy en Haute-Loire, où une fillette ayant eu le cou sectionné portait sur les cuisses des marques faisant suspecter une tentative de viol. Un article du lendemain dans le même journal publie sans attendre la nouvelle des faits relatifs à un possible développement de l'affaire, à travers une anecdote au cours de laquelle dans le même secteur une autre fillette est agressée par un vagabond portant une hache sur l'épaule, et que l'on avait pris jusque là pour un fou inoffensif.
    
Ce qui se passe entre-temps est révélé par un autre article paru le 14 novembre 1897 en pleine affaire Vacher…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

                   
                    Olympe BUISSON
 
Deux précautions valant mieux qu'une, ou tout simplement parce que la seconde fut la seule envisagée, en plus de réduire au silence une victime en simulant un crime sadique on peut faire accuser des forains de passage. C'est ainsi que la 9 septembre 1890, jour de la fête de Varacieux dans l'Isère, une fillette de 9 ans disparaît pour être retrouvée le lendemain matin par son père, éventrée, décapitée, son corps baignant dans un ruisseau. Après l'interrogatoire d'un suspect l'affaire en reste là.
 
Il faut attendre le 31 décembre 1892 soit deux ans plus tard, pour que dans L'Écho de Lyon paraisse un article livrant une autre version des faits. L'enquête a pourtant progressé puisque puisqu'il s'avère que ce sont deux jeunes hommes qui ont attiré jusque dans une prairie la fillette avec un verre de pralines. L'un d'eux est arrêté puis relâché huit mois ls tard faute de preuves. Mais c'est le journaliste lui-même qui pose la question de savoir pourquoi les preuves et les indices qui existaient bel et bien n'ont pas été exploités. Les empreintes sur le verre de pralines, qui a été retrouvé avant de disparaître. La pointe du couteau ayant été volé pour commettre le meurtre et dont la lame avait été brisée, sans qu'on recherchât si elle se trouvait ou non dans le corps de la victime. Enfin le tablier taché de sang ayant motivé l'arrestation du suspect initial, et dont les traces qu'il portait n'ont pas été analysées. Ces manquements auxquels s'ajoutent les dépositions de la mère qui n'ont pas été prises compte démontrent que l'affaire fut étouffée parce que des fils de notables y étaient impliqués. 
 
 
 
                    Louise MARCEL

Lorsqu'une personne est accusée d'un forfait, qu'il n'existe ou n'est produit aucune preuve à son encontre et qu'elle n'est pas condamnée pour ce forfait, le tout se réduit à une simple diffamation. C'est ce pour quoi aurait pu porter plainte Vacher au regard des crimes dont il a été chargé sans jamais être condamné que pour un seul, dont nous verrons qu'il ne lui est imputé que sur la base de maigres indices collecté à la hâte et au dernier moment.

Ainsi en est-il également de cette affaire dont on se demande même pourquoi elle est évoquée dans l'ouvrage, puisqu'il semble qu'il y ait dès le départ un suspect lourdement chargé qui finit par mourir d'une erreur judiciaire. Charles Roux découvre le cadavre et prévient les autorités, ce qui déjà semble suspect puisque le corps a été découpé en morceaux dissimulés dans les champs aus alentours du lieu du crime. Mais rien n'y fait, trois ans après le drame c'est Vacher qui est accusé du forfait.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
                   
 
 
 
 
 
 
 
 
              Augustine MORTUREUX
 
Dans cette affaire nous avons un suspect désigné par la population avec la plus ferme conviction, mais qui est épargné au regard de sa parenté avec un juge de Dijon. Nous avons également un homme dont le témoignage est évoqué de la façon qui suit… 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La conviction de la population concernant sa culpabilité n'ayant pas de valeur juridique, le témoignage de Rouard le fait pourtant arrêter. Mais cette confrontation avec le témoin Rouard est mise en scène si grossièrement qu'il est à espérer qu'un tribunal ne serait plus autorisé aujourd'hui à user d'un tel subterfuge quel qu'en soit l'objectif. Il s'agit clairement d'invalider le témoignage de Rouard et de sauver la tête d'un personnage qui est, plus encore qu'un notable, le parent d'un membre de la magistrature dont la carrière ne survivrait pas à ce déshonneur.

On fait donc venir le témoin Rouard à la barre mais c'est le substitut du procureur que l'on place dans le box des accusés à la place de Grenier. Il est évident qu'en dépit d'une seconde rencontre aussi brève que fortuite, les conditions dans lesquelles Grenier a été aperçu par le témoin le jour du meurtre laissent place à la plus grande incertitude quant à la possibilité de le reconnaître et de l'identifier formellement. Si de plus le substitut n'a pas été désigné au hasard mais au regard d'une vague ressemblance avec le suspect, tout est réuni pour que Rouard avec la meilleure des convictions finisse par invalider lui-même son témoignage. Et c'est un non-lieu pour Grenier.
 
 
 

                    Victor PORTALIER

Seul crime pour lequel Vacher a été condamné, c'est une affaire de famille pouvant à elle seule faire le sujet d'un roman. Sa complexité en fait une raison de plus pour le juge Fourquet de l'avoir choisie comme prétexte pour la condamnation de Vacher tant elle est restée méprisée ou ignorée par la presse et les chroniqueurs de l'époque. En voici résumée la trame principale par le brigadier commandant la gendarmerie de Villebois…
 
J’ai l’honneur de vous informer qu’au cours d’un entretien que je viens d’avoir avec un monsieur dont je ne suis pas autorisé à donner le nom, ayant demeuré à Trévoux pendant 14 ans et habitant Villebois depuis peu, j’ai reçu les renseignements suivants sur la famille Portalier, dont le fils Victor vient d’être victime d’un assassinat à Bénonces ;

    Le père Portalier, au moment de son mariage aurait possédé environ 30.000F, mais sa femme par son inconduite notoire aurait dissipé les deux tiers de sa fortune.

    Le mari avant son décès, il y a de cela environ 5 ans, aurait testé de tout le bien qui lui restait, environ 10.000F, en faveur de son fils Victor, la victime, afin que la mère ne jouisse pas du peu de bien qui lui restait. 

    La veuve devait se remarier, mais quand son prétendu a appris que le père avait testé et que cette femme ne possédait rien, le mariage n’a pas eu lieu.

    La conduite de la veuve Portalier serait déplorable.[…]
 
Pour se représenter la valeur de dix mille francs de l’époque, on sait que Vacher en prévision de son mariage a vendu pour six cent des terres lui appartenant, et qu’à sa sortie de l’asile il s’estime à l’abri du besoin avec ce petit pactole. 
 
Voilà quoi qu’il en soit un mobile sinon plus honorable du moins plus tangible que celui d’assouvir par le meurtre des pulsions sadiques, et puisque nos chroniqueurs font tant et si bien qu’il nous est difficile de ne pas adapter son personnage à tous les cas de figure, voilà notre Vacher devenu tueur à gages au service d’une conspiration…
 
 
 
                    Pierre MASSOT-PELLET

Une affaire pourtant très simple mais où les inexcusables égards de l'instruction pour le suspect d'emblée désigné par la population sur la base de témoignages dignes de foi tel celui d'un ancien gendarme, laissent penser dès le départ qu'il s'agisse d'un notable ou apparenté dont il faut protéger la personne ou le patronyme des conséquences d'une inculpation pour un attentat aussi monstrueux, car le petit berger a proprement été réduit en bouillie par son assassin qui s'est acharné sur son cadavre.

Pour une lettre d'écart on s'étonne tout de même de voir l'orthographe du nom de ce suspect varier selon les sources d'information qui se réduisent là encore à des articles de journaux parisiens, la presse locale comme les autorités judiciaires à qui revenait le traitement de l'affaire ayant fait preuve d'une discrétion confinant au mépris. 

Deux ans plus tard les faits sont enfin relatés en autant de détails qu'il se puise en fournir, dans un article du quotidien Le Matin daté du 12 juillet 1897.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dans son ouvrage anonyme intitulé Le tueur de bergers, auquel il est souvent fait référence faute de mieux, un supposé Besse qui n'était autre qu'un journaliste livre des informations sur ce qui s'est passé depuis le jour de l'assassinat jusqu'à cette année 1897, qui est également celle où vacher s'est mis à faire ses fameux 'aveux'…

L’assassin disparut et un innocent fut accusé du crime, emprisonné, remis en liberté, mais, poursuivi pendant deux ans par la colère publique, l’existence lui devenait insupportable.

    Ce malheureux accusé se nommait Banier. Il habitait Saint-Etienne-de-Boulogne.

    Deux personnes ont essayé de le défendre contre la malignité publique. Ce sont MM. Morellet et Artiges.

    M. Morellet était le juge d’instruction chargé de l’affaire, qui avait reconnu l’innocence de Banier et qui l’avait remis en liberté ; M. Artiges était le maire de Saint-Etienne-de-Boulogne.

    Notre confrère Ranson a visité ces deux personnes et il a causé avec Banier lui-même. ces interviews ont été données par le Journal. Nous les reproduisons, car elles résument à merveille toute cette triste affaire.[…]

    C’est à la suite d’une plainte adressée au Parquet de Nîmes, par un ennemi acharné de Banier, que les honorables magistrats du Parquet de Privas durent se résigner à arrêter cet innocent.

Besse rapporte ensuite les propos du juge Morellet…

« En face des dépositions produites par des gens, somme toute, honorables, nous nous crûmes dans la nécessité, le procureur et moi, bien qu’à contre-cœur, de mettre en état d’arrestation l’homme que l’opinion publique désignait avec unanimité presque.[…]

« Tant que Vacher n’aura pas été amené à Saint-Étienne et ne se sera pas proclamé en personne l’assassin du petit berger, la population demeurera convaincue de la culpabilité de Banier.

Les défenseurs du suspect, quoique peu nombreux mais très influents votent pour lui aux élections municipales, et durant deux années ses accusateurs sont condamnés les uns après les autres à des peines variables et pour des motifs divers.

Nuls procès-verbaux ni documents d’information n’apparaissent dans le dossier concernant l’enquête menée après l’assassinat, et la déposition du témoin Roume qui deux ans plus tard signale un fait probablement sans rapport avec l’affaire étant donné l’éloignement des lieux concernés, ne fait évidemment référence en aucune façon à l’individu objet des accusations de ses concitoyens, celui auquel Besse se réfère sous le nom de Banier, que la presse à partir de 1897 nomme Bannier, mais qui dès 1898 se voit affublé d’un patronyme qui peut-être est le sien depuis toujours mais que ni les autorités, ni les medias n’ont souhaité voir publié dans le cadre de cette affaire.
 
Remontons un peu dans le temps et nous lisons un article paru dans l’édition de La Presse du 13 mars 1895…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Henri-Jean Bonnier fut préfet du Gard du 18 mars 1895 au 13 septembre 1897…
 
 
 
 

                    Marie DEROUET

Comme si le matériel ou l'imagination leur manquaient, il s'agit d'un attentat qui a été déplacé dans le temps et adapté aux circonstances, nom et âge de la victime compris pour être attribué à Vacher trois ans avant les faits. Les auteurs de ce triste canular sont le nommé Besse et le sieur Lacassagne, ce qui démontre qu'ils étaient complices et que le second n'avait pas cité par hasard le premier dans son ouvrage.

Preuve que la naissance de cette rumeur précède la publication des ouvrages de nos pamphlétaires, on en trouve le récit dans Le Parisien du 26 octobre 1898 au milieu d’un compte-rendu concernant le procès qui se tient à Bourg-en-Bresse…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
Mais nous ne sommes qu'en 1898 et il s'agit non d'un sujet d'actualité serait-elle différée, mais d'une anecdote relevée dans le cours du procès puis incluse dans le compte-rendu, ce qui démontre la préméditation ainsi qu'une certaine collusion entre nos pamphlétaires et sinon l'appareil judiciaire tout entier, du moins le juge Fourquet qui compte bien sur les médias pour promouvoir sa carrière.

Besse et Lacassagne font donc tout leur possible afin d'impliquer Vacher. Dans son ouvrage qui n'est autre qu'un roman où l'invention pure et simple côtoie la manipulation des faits, Besse nomme la victime Derouet puis Deroult quelques lignes plus loin, se permettant même de lui donner l'âge qu'elle avait lorsque se sont produits les faits rapportés par la presse en 1899, soit 3 ans après la supposée agression de la jeune fille lorsqu'elle avait onze ans. 

1er mars 1896. – Le Mans : tentative de viol d’une fillette de 14 ans, la jeune Derouet, dans la forêt de Pescheseul.

Ce n'est qu'en juin puis en juillet 1899 que sont publiés les deux articles qui suivent, le premier dans Le Matin et le second dans La Lanterne… 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                    Rosine RODIER

Le 21 octobre 1897, la nommée Marie Moussier, femme Lorut, est confrontée à l'auteur de son propre assassinat. Le témoin ne paraphe ni ne signe pas le procès-verbal, pour la bonne raison qu'elle a été tuée deux ans auparavant par Vacher. La Lanterne du 16 septembre 1896…
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
Malgré l'écart d'une lettre dans le patronyme c'est bien la même femme qui est convoqué deux ans plus tard pour être confrontée à Vacher, ce qui éventuellement pourrait suggérer que des pièces du dossier d'instruction auraient été falsifiées, sans pour autant pouvoir l'affirmer.

Aux jurés comme au public est ainsi donnée l’illusion que partout où Vacher passe il se commet des crimes, or c’est pratiquement le contraire qui se produit : Vacher traverse des régions où comme partout ailleurs et presque simultanément se commettent des crimes. L’inculpé n’est donc pas non plus victime des circonstances ni du hasard, mais seulement de l’acharnement de son juge à exploiter dans ce sens les ressources qu’offre la recrudescence de vagabondage et de criminalité en cette fin de siècle.

Le 5 décembre 1896, La Lanterne avait publié l'article suivant prouvant que l'affaire de Cusset avait été résolue…
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
La croix publie le sien le 7 décembre…
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
Le 28 octobre 1898, La Lanterne retrace les événements du procès tenu en cour d’assises, et c’est tout juste si la décapitation d’un ahuri n’a pas fait l’objet d’une fête nationale…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
                    Claudius BEAUPIED

Cinq jours avant que le verdict ne soit rendu à l'issue du procès, Vacher fait une déclaration propre à sauver le juge Fourquet de la honte d'un échec de sa procédure.
 
Je me rappelle encore avoir commis un autre crime que je ne vous ai pas avoué parce qu’il ne m’était pas encore revenu à la mémoire.

    Voici de quoi il s’agit :

    C’était 15 jours ou trois semaines environ avant le crime de Courzieu, à deux heures de marche au-delà de Fourvières en se dirigeant du côté des Cévennes , j’avais couché dans une maison inhabitée sur la gauche de la route. Le matin est entré dans cette maison, un garçon d’une quinzaine d’années que j’ai pris pour un roulant. Je lui ai coupé le cou avec un rasoir que j’avais trouvé quelques jours auparavant, et j’ai jeté le corps dans un puit qui se trouve dans la cour.

    La maison dont je vous parle est à l’angle d’un chemin qui aboutit à la route et il y a derrière une haie de sureaux. C’est de là que je me suis dirigé sur Courzieu.

Si l'on met de côté l'enchevêtrement de confusions, d'erreurs et d'approximations ayant émaillé l'instruction de l'affaire Beaupied, sa teneur se trouvé résumée dans un article du Petit Parisien en date du 27 novembre 1897…
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                   
 
 
 
 
 
                   Pierre LAURENT

Dans une affaire qui est une copie conforme de celle de Massot-Pellet, nous avons notable qui se précipite chez les gendarmes pour aller leur dire qu'il a croisé la victime sur sa route le soir du crime, comme probablement une bonne dizaine d'autres personnes dont certains n'en ont même pas conscience. 

Besse reproduit un article paru dans Le Lyon Républicain…

« […] On a remarqué que, presque partout, l’opinion publique a chargé des forfaits de Vacher un malheureux qui y était absolument étranger.

« Il en existe un aux Verchères : c’est M. Boiron, notable fermier, conseiller municipal de Courzieu. M. Boiron avait eu le malheur de rencontrer, la nuit du crime, quelques minutes avant, en revenant du renfort à Malleval, le berger Laurent. En honnête homme qu’il est, il s’empressa d’aller déclarer la chose à l’instruction.

« Il était naturel, étant donné l’honorabilité de M. Boiron, que tout se bornât là ; point. La gendarmerie de Vaugrenay, le juge de paix lui-même, mal renseignés par des ennemis du cultivateur, furent obligés d’éclaircir le cas.[…] 

    « Aujourd’hui, heureusement, tout est dissipé.[…]

    « Vacher a parlé,[…]
 
Le traitement de cette affaire est l'opportunité d'une mise au point sur la nature de ces crimes, leurs mobiles et leurs possibles auteurs. 

Pour les bourreaux de Vacher qui ont prêté à ce vagabond infirme et excentrique une telle maîtrise dans l’élaboration et la préparation d’assassinats, voici en peu de mots comment les auteurs d’au moins deux d’entre eux pourraient avoir prémédité des forfaits dont il fallut attendre qu’un trimardeur s’en accusât lui-même par bêtise pour que la Justice en trouvât le coupable.

Très probablement commandité par des proches désireux de se débarrasser de l'enfant, l'assassinat de Victor Portalier fut l'œuvre d'un professionnel capable d'infliger des blessures aussi nettes et précises que celles constatée par les médecins légistes. Pierre Laurent quant à lui fut assassiné pour le réduire au silence, par l'auteur du ou des viols ayant précédé. Les rapports d'expertises démontrent également que pour ces deux crimes, ce sont respectivement les forfaits de Jack l'éventreur puis l'assassinat de Portalier lui-même qui servirent tour-à-tour de modèle. Il est donc à peu près invraisemblable qu'un rôdeur ou quelque vagabond de passage ait commis par hasard aucun de ces forfaits.
 
 
 
 

                    Thérèse PLY

Au cœur de la rage homicide qui s’empare de la population en cette fin de siècle, il semble qu’un forfait de plus passe tellement inaperçu que ce soit la mère de la victime qui doive en informer le juge Fourquet. Tel est du moins la version des faits que donne La Croix dans son édition du 23 octobre 1897…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
La vérité attendra l'exécution de la sentence pour être divulguée dans la presse. La Lanterne du 14 juin 1898…
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
Le Matin du 9 août… 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
                    La veuve HÉMAIN

S'agissant là d'un cambriolage ayant mal tourné, on sait d'après ses déclarations que Vacher n'est pas un voleur, et que d'autre part cet attribut correspond mal avec son personnage. Nous sommes en 1897…
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
Selon un article du Matin en date du 27 octobre, le dossier a pourtant été envoyé à Belley.
 
 
 
 
 
                    Jeanne HENRION

Tant de peine pour tenter d'incriminer Vacher lorsque la véritable justice est rendue en si peu de mots… La Presse du 27 décembre 1897…
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Lanterne publie cet article rédigé dix jours auparavant…
 
 
 
 
 
 
 
 
Nos fonctionnaires se montrent donc incompétents au point d’arrêter dans toute la France des innocents pour les crimes commis par Vacher, jusqu’au jour où Lacassagne et Fourquet réhabilitent les victimes d’une décennie d’erreurs judiciaires.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il se peut que Vacher officiellement condamné pour l’assassinat de Portalier n’ait jamais été réellement compromis que dans l’affaire qui va suivre, mais que sa seule participation dans un cambriolage débouchant sur un meurtre le maintienne à la discrétion du juge auquel il avoue onze forfaits dont il est parfaitement innocent.
 

                    La veuve LAVILLE
 
En Ardèche Vacher se réfugie dans une maison abandonnée pour y être menacé par trois vagabonds. Le juge Fourquet commente…

[…]le trouble dans lequel l’inculpé nous a paru être lorsque nous lui avons annoncé notre intention de faire rechercher les trois individus, nous [a] amené à penser que Vacher pouvait bien assister, comme quatrième complice, les trois individus dont il s’agit dans l’assassinat de la veuve Laville.

Ce qui ne fait de Vacher, eût-il été forcé de participer à un cambriolage, ni l'assassin de veuve ni même un individu passible de la peine capitale.

L'article suivant illustre l'ampleur du phénomène du vagabondage dans cette fin de siècle…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Des suspects sont interpellés puis relâchés ou disparaissent dans la nature alors que les auteurs du cambriolage et de l'assassinat de la veuve Lavile auraient pu être condamnés. Mais puisque Vacher par son attitude s'est pratiquement accusé d'avoir participé au premier forfait, peut-être est-on trop heureux de pouvoir le garder à vue sous cette inculpation sans que l'un des vagabonds ne soit reconnu comme le meurtrier. 
 
Vers le 27 novembre, le procureur de Valence reçoit un courrier du commissaire de police de Romans, où l'on suppose qu'il évoque le juge d'instruction de Privas en Ardèche… 

D’après la lettre adressée par un nommé Gérard de St Maurice à Monsieur le Juge d’Instruction, il résulterait que les deux chanteurs ambulants, un homme et une femme, possesseurs d’une voiture traînée par des chiens, ne seraient autres que le nommé Coste Henri, chanteur ambulant, qui, dernièrement, a été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt du Parquet de Privas.

 Cet individu que j’ai convoqué deux fois à mon bureau ne s’est pas présenté et s’est empressé de quitter la ville, craignant sans doute un nouvel interrogatoire. On croit que Coste serait actuellement à Valence.

Le 1er décembre c'est le commissaire de police de Valence qui écrit :

[…]le nommé Coste Jeannot Henri, 35 ans, marchand ambulant, a logé à l’auberge Risson rue Roderie, 9, à Valence pendant la nuit du 10 au 11 novembre dernier. Il était accompagné de sa femme et de ses 2 enfants. Il avait aussi sa petite voiture avec ses 2 chiens. Cette famille a quitté Valence le 11 novembre pour une destination inconnue et depuis lors elle n’a pas été vue à Valence.